Ébauche d’un modèle de production et de repartition capitaliste-patriarcal (II)

Première partie [1]  — c’est un brouillon ; à réviser:: écrit en novembre ou décembre 2012 – je ne l’ai pas révisé maintenant – les équations dévraient se re-étudier. Aujourd’hui je changerai pas mal de choses de l’approche. À ce moment-là, je n’avais pas encore introduit les équations de production d’êtres humains. Ici une système d’équations proposé récentment [2]

3) La production et la valeur

Dans les deux derniers siècles, les économistes se sont habitué à définir la production à travers de son valeur d’échange, c.-à-d., par le fait d’être marchandises. En conséquence, la production domestique était exclue du sujet d’étude. Le problème est donc : comment on définit la production ?

Définie comme des valeurs d’usage (biens et services), la production (et le travail) domestique fait partie de la production. Puis, il est possible de définir un ensemble de relations de production domestiques. Dans ce cas, les questions qui se posent sont : quelle est la valeur de la production si elle n’est pas marchandise, une non-valeur[1] ? Quels sont les critères d’évaluation sociale de la production? Quel est le passage des valeurs d’usage aux valeurs d’échange, c.-à-d., comment la production devient marchandise ?

À différence de la production capitaliste, la production domestique n’est pas classifiée dans une typologie de biens différenciés. La production domestique n’est pas réglée par des temps de travail comme la production capitaliste. Le travail et la consommation (ou le loisir) ne sont pas toujours bien distingués. Entre la production et la consommation il n’ya a pas d’échange marchand, est immédiate. Ce sont caractéristiques qui peuvent être similaires à ce qu’on trouve avec quelques productions artisanes (je pense que Cartelier a écrit quelque truc sur ça… il ne doit pas être le seul).

D’autre part, ce manque de valeur d’échange, cette immédiation entre production et consommation a aussi ses points positifs quand on veut s’approximer à déterminées questions, comme c’est le cas de la relation entre le travail et la consommation (travail dans la production capitaliste ou domestique).

Avant, il faut voir de plus près le fonctionnement du capitalisme et de la production domestique.

4) La valeur de la production capitaliste

La production capitaliste a une évaluation sociale par les transactions qui se réalisent à travers de l’échange marchande. Ces transactions se représentent comme le produit des prix, qui expriment la valeur unitaire, par des quantités de marchandises.

En concordance à la condition de viabilité C.1, par hypothèse la production capitaliste engendre un excédent, .  Un fois on escompte à la valeur de la production la valeur des dépenses de production qu’on lui impute, on obtient le profit. Les dépenses de production incluent le salaire, le prix de la marchandise-travail. En général, on impute les moyens de production utilisés comme dépense de production et on obtient :

(8) Vk(Ek) = Vk(Zk) – Vk(Xk) = Vk(Lk) + Sk

Exprimé à travers des prix et des quantités nous avons (p est un vecteur file de prix, w un vecteur file de salaires) :

(9) pEk = p(Zk – Xk) = wLk + Sk

Équations qui expriment la relation entre les prix, la valeur de l’excédent (la valeur nette) et sa répartition entre salaires et profit.

Au cours de l’histoire, la conceptualisation de cette relation a été au cœur de la pensée économique. Dès les économistes classiques, ce sont des sujets qui ont généré pas mal de polémiques et ont affronté des auteurs et écoles. Pour quelques uns, le profit est un revenu qui est justifié, pour des autres il dérive des conflits d’appropriation de la production entre classes sociales différenciées. Dedans chaque un de ces groupes, il y a aussi pas mal de différences.

Pour défendre ses postions les économistes ont développé la théorie de la valeur en faisant recours à des schémas et des systèmes d’équations qui expriment de façon alternative les relations entre un ensemble hétérogène des biens produits, ses prix unitaires, les quantités de travail et ses salaires associés et les profits.

Les profits ont été représentés par des « taux » qui sont calculés par rapport à des valeurs qu’on a appelé « capital » [ça doit venir du taux d’intérêt monétaire]. La grande question est donc quelle est la définition du capital qu’on prend et qu’est-ce que c’est le « taux de profit » associé.

En termes d’équations, avec Kk le vecteur colonne du capital associée à chaque industrie et r le vecteur ligne des taux de profit :

(10) Sk = rKk

(11) pEk = p(Zk – Xk) = wLk + rKk

Un problème additionnel est que les transactions capitalistes se réalisent en moyennant de l’argent, c.-à-d., les marchandises ne s’échangent entre elles si non que s’échangent contre de l’argent qui opère comme mesure de la valeur et équivalent (moyen de payement) universel.

De ce fait qu’entre l’acte de production et consommation deux échanges monétaires interviennent : d’abord la perception du revenu, puis l’achat des biens de consommation. Pour l’investissement, le procès peut pendre différentes formes.

Par l’équivalence des transactions marchandes nous avons (avec Ck le panier de biens de consommation achetés par les ménages et Ik l’investissement brut et Qk les stocks de biens de production) :

(12) pZk = pXk + wLk + rKk = p(Ck + Ik + delta(Qk))

L’argent intervient dans toutes les relations économiques du système capitaliste (en sachant que le capitalisme peut utiliser plusieurs moyens de payement équivalents).

Le système capitalisme ne se compose pas seulement des échanges rattachés à la circulation industrielle : la production, sa répartition et sa destination; il inclut aussi toutes les transactions rattachées à la circulation financière.

Les transactions de la circulation financière sont réalisées avec des marchandises particulières. Tandis que les marchandises de la production capitaliste sont propriété des individus (ou sociétés) en tant que ressources propres, les marchandises financières représentent des droits et des obligations réciproques entre individus évalués par une valeur monétaire. Du point de vue comptable, les marchandises-biens constituent des actifs ; les marchandises financières des actifs (pour un individu) et des passifs (pour un autre).

Ainsi, l’ensemble des transactions capitalistes est plus grand que les transactions rattachées à la circulation de la production. L’argent peut être une marchandise d’un sous-ensemble ou d’un autre.

Les implications de l’argent et des finances sur la théorie de la valeur ont été et continuent à être une difficulté devant laquelle la pensée économique a des réponses alternatives ou confrontées. Pour quelques uns, l’argent et les finances ne sont qu’une convention, un « voile » qui n’affecte pas aux transactions économiques « réelles ». Pour des autres cette proposition est tout à fait insatisfaisant, mais ils différent sur la solution à donner.

Pour finir cette présentation succincte du système capitaliste, ce qu’il resterait à discuter est comment se déterminent les quantités de marchandises qui sont produites et échangés (et comment se réalisent ces échanges).

 

 

5) La valeur de la production domestique

L’organisation de la production domestique se réalise par familles qui peuvent avoir de 1 à n membres, adultes ou mineurs. Les membres des familles peuvent avoir des relations de filiation et d’autres liens de parenté. Le mariage est une forme de contracte entre deux personnes qui établit des normes d’organisation de l’unité familière.

Les fonctions économiques des unités familières sont la production d’humains, la maintenance des mineurs, l’achat de biens (valeurs d’échange) de la production capitaliste, la production de biens (valeurs d’usage), la redistribution du revenu capitaliste et l’établissement de normes de transmission du patrimoine (ensemble de droits et obligations, actifs et passifs, d’un individu ou unité familière).

Il est possible prendre en compte différents formes d’organisation de la production domestique. Historiquement elle a pris la forme du patriarcat : le mariage homme-femme et les mineurs affilés comme l’unité familière nucléaire qui peut faire partie d’un ensemble de liens de parenté plus complexe. Il est possible d’introduire autres critères pour différencier entre organisations alternatives de la famille, comme le revenu capitaliste ou le patrimoine. Dans des cas, la production domestique inclut des travailleurs salariés au foyer.

A travers des unités familières et des sociétés mercantiles capitalistes, les biens du système économique se transmettent par deux sous-systèmes différents : le capitalisme et le patriarcat. Ce fait met en évidence l’existence d’un système dual d’évaluation et transmission sociale de la production et du patrimoine : le marché et la famille.

Quand les revenus capitalistes sont perçus par les ménages une partie ou son intégralité se destine à l’achat de biens. En général avant consommer il faut transformer, dédier temps de travail pour l’obtention d’un produit qui sert à la consommation humaine (le même temps d’attentions à quelqu’un est déjà un produit). Ainsi, une partie des biens achetés sont utilisés comme des moyens de production de biens de consommation et d’êtres humains mineurs.

Par rapport à la production et consommation de biens, on peut se demander quelle est la valeur de cette production.  D’une part, elle n’est pas évalué socialement par le marché, n’a pas une valeur d’échange, elle est distribué par des critères différents. Alors, c’est quoi sa valeur ?

D’autre part, comme la production et la consommation ne sont pas médiates par l’échange marchand, on peut bien voir qu’une fois le producteur a consommé il reste un rémanent physique. Avec Rdi le rémanent du producteur i :

(13) Rdi = Zdi – Ci

C’est à noter que c’est dans la production domestique ou nous pouvons déterminer qu’est-ce que c’est un concept économique si important comme la consommation de subsistance et de reproduction : c’est là où la consommation correspond à quelque chose de concrète et donc le rémanent aussi.

La question que cette dualité soulève est : est-ce que cette production domestique génère une valeur ajoutée au-delà de la valeur des moyens de production utilisés et le temps (de travail) dédié ?

Ce problème peut se représenter à travers d’une équation, mais d’une équation qui est mal définie car elle inclut des quantités, la valeur capitaliste des moyens de production et du possible travail salarié dans la production domestique Ldk, unités de force de travail (i.e. temps de travail) Ld et tout ça est égal à la consommation des producteurs Cd1 et des non producteurs Cd2 :

(14) Zd = Vk(Xd) + Vk(Ldk) + Ld = Cd11 + Cd2

Il faut noter que le travail domestique n’est pas équivalent au travail capitaliste. Le système économique a une organisation duale du travail, en sens large, capitaliste-domestique. Le travail capitaliste est une marchandise et en tant que telle elle est normalisée, réglée et mesurée pour rentrer dans une organisation préalable et faite par le propriétaire des moyens de production.

L’organisation du travail domestique Ld n’est pas standardisée de la même façon et elle dépend des caractéristiques des membres de la famille. Un mariage homme-femme avec des mineurs entraine des formes (contractes) qui peuvent varier et s’étudier en fonction du moment historique. On peut décrire et énumérer ces caractéristiques, mais le travail ne se réalise pas contre quelque chose d’abstraite-concrète (valeur-argent).

Ce fait est rattaché au problème que la production total domestique Zd n’est plus standardisée comme la production capitaliste, elle ne constitue une typologie de marchandises que les entreprises vendent. En général, on ne peut pas appliquer la solution de l’économie classique (et actuelle) de définir lignes de production capitaliste et techniques de production.

Devant cette difficulté, on peut simplifier et considérer un seul procès de production global ou essayer de se doter d’une typologie. Dans ce sens, il faut noter que (i) la production capitaliste fournit pas mal de produits qui au même temps sont faits par l’économie domestique et que (ii) les classes assises contractent (rapport salarial) des travailleurs domestiques Ldk.

A travers de l’étude historique et par des analogies, il est possible d’établir dans une certaine mesure une typologie de produits domestiques et de temps de travail (au moins l’économie appliquée). Le problème est donc la définition de « la fonction de production » :

(15) Zd = fd(Xd, Ld, Ldk)

Dans la mesure que cette production existe et que nous pouvons identifier les producteurs Ldi et Ldki et identifier sa consommation domestique Cd1, nous pouvons nous demander sur le sens de la consommation Cd2 ou du rémanent Rd.

Aussi, il est possible que la production domestique produise quelques moyens de production domestiques, en sachant qu’elle n’est pas viable, elle ne produit pas les moyens nécessaires pour sa reproduction Xd.

¿Est-ce que nous pouvons nous donner une mesure de la valeur pour évaluer le travail et la production domestique ? ¿Est-ce qu’il y a production de la valeur ajoutée ?

Avec un critère d’évaluation domestique on pourrait réécrire l’expression (14) :

(16) Vd(Zd) = Vk(Xd1) + Vd(Ld) = Vd(Cd1) + Vd(Rd)

Et puis :

(17) Vd(Zd) – Vk(Xd1) = Vd(Ld) = Vd(Cd1) + [Vd(Rd) – Vk(Xd1)]

C’est-à-dire, la valeur ajoutée dépend du critère d’évaluation qu’on fait du travail et de la production (la consommation) domestique. Dans le cas que :

(18) [etc. j’ai la flegme de les reproduire ici à la main maintenant]

On a le résultat que la production domestique ne produit de la valeur ajoutée au-delà de la valeur du travail domestique :

(19)

Puis :

(20)

Dans le cas où la valeur de la production est supérieure à la valeur des moyens de production utilisés plus la valeur de la consommation du producteur domestique, on peut se demander sur l’existence d’une supplémentaire ou plus-value Sd égale à la différence entre la valeur du rémanent moins la valeur des moyens de production. Dans ce cas il y aurait du sens à écrire :

(21)

Le problème des expressions (16)-(21) est qu’elles sont encore mal définies ; nous sommes en train d’utiliser deux critères d’évaluation différents Vd et Vk pour la production domestique et la production capitaliste.

Ainsi, l’existence de la plus-value Sd dépend de :

(i)    Le critère d’évaluation de la production capitaliste Xd.

(ii)   Le critère d’évaluation de la production domestique Zd.

(iii)  La détermination de la consommation du producteur Cd1 et sa valeur.

(iv)Le critère d’évaluation du travail domestique Ld.

En conclusion, pour déterminer la valeur de la production domestique et élucider l’existence d’une plus-value domestique, il faudrait disposer de :

(i)    Un critère homogène de la valeur capitaliste et domestique V.

(ii)   La norme qui établit le rapport entre le travail domestique Ld et la consommation du producteur Cd1.

Il faut noter que la nécessité d’un critère homogène a un double sens :

(i)    La production domestique n’est pas viable et elle doit acheter des produits à la production capitaliste.

(ii)   Dans la mesure que les biens de consommation sont produits dans l’organisation domestique, il faut les prendre en compte pour calculer la valeur de la consommation des producteurs et puis la valeur de l’excédent net de consommation . Dans un cas concret qu’intéresse les économistes : pour connaitre la valeur du salaire de subsistance, il faut se dote d’un critère d’évaluation de la production domestique.

Les problèmes ne finissent ici. Il y a deux questions supplémentaires à traiter.

Quand les ménages peuvent produire des moyens de production et peuvent contracter des salariés, l’équation (16) doit s’écrire :

(22)

Où Xd2 et Xd3 représentent respectivement les moyens de production domestiques utilisés et produits. Dans ce cas, la question est de savoir quel est la valeur de ces moyens de production et qui s’approprie d’eux. L’équation (21) aurait la forme :

(23)

Et la condition pour avoir une plus-value domestique positive :

(24)
Subsistance et reproduction

En fin, quelques individus, en occurrence des femmes, produisent des mineurs.

[…]

La structure de la famille – l’organisation par classes sociales.

[…]

[Par hypothèse (système viable), la valeur de cette production est supérieure ou égale à la valeur de sa reproduction. ]

Alors, c’est quoi la valeur ? La valeur d’échange ? La valeur-travail ? L’une ou l’autre ont des problèmes.

Une évaluation indirecte à travers du salaire (de l’homme) ? Une évaluation à prix de marché (ou à prix de production) dans le cas où c’est possible (car la production domestique ne conforme une typologie de marchandises) ?

 

6) Une mesure unitaire de la valeur ?

Quand le système capitaliste achète force de travail, le salaire de subsistance ne paye pas la valeur de la consommation de subsistance, car il faut encore travailler avant consommer. Le salaire de subsistance paye les moyens de production nécessaires pour produire la consommation de subsistance, qui est une production sans valeur d’échange.

Les relations de production capitalistes se focalisent sur le salaire (et le salaire de subsistance et de reproduction), c.-à-d., sur une valeur abstraite qui correspond à la marchandise-travail. Quel est le passage entre le salaire et la consommation ? Car l’un c’est de l’abstrait, l’autre du concret. C’est dans l’économie domestique que ce passage se réalise.

Trois grandes courants dans l’étude des interdépendances : la classique, la marxiste et la néoclassique.

 

[1] C’est là où nous trouvons les apports de Delphy (… autres). Je ne suis pas très satisfait avec la théorie de la valeur de Delphy (plus exactement, avec sa théorie de non-valeur). Puis, dans un sens marxiste, la production domestique constitue un mode de production différent au capitalisme ? En cas de réponse affirmative, il faudrait se demander si Delphy a bien identifié les classes sociales. De fois je pense : les classes sociales sont 3…

 

 

 

[1] Ébauche d’un modèle de production et de repartition capitaliste-patriarcal

https://jordipujolxlopadri.wordpress.com/2013/12/09/ebauche-dun-modele-de-production-et-de-repartition-capitaliste-patriarcal/

[2] un autre sistème d’équations proposé

Ecuaciones capitalistas patriarcales

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