Intersectionnalité et articulations

L’intersectionnalité classe-genre (ou race-genre) et ses articulations génèrent polémique.

Les catégories « classe » et « race » ont été désignées par des hommes pour analyser en premier lieu l’oppression qu’ils subissent. La catégorie « genre » a été définie pour analyser l’oppression des femmes. Puis, dans un premier sens, l’intersectionnalité fait référence à l’intersection entre les catégories d’hommes et « la » catégorie femme (sens 1).

Dans un deuxième moment on peut se demander si toutes les femmes appartiennent à une même catégorie, si ces catégories sont indépendantes des catégories des hommes ou si elles sont transposées aux femmes de manière subsidiaire des catégories d’hommes. Comment ceci affecte à l’unité et aux rapports de solidarité et conflit entre les femmes ; c’est un domaine que les féminismes aiment bien sauvegarder (sens 2).

L’analyse sociale, économique et politique est centrée sur les rapports entre les hommes blancs, qui s’opèrent en bonne mesure par l’échange marchand et l’organisation et les institutions de l’État : c’est l’étude du capitalisme. Qu’il soit marxiste ou néolibéral, l’analyse est focalisée sur ces domaines.

Dans ces rapports, les femmes et les « non-blancs » rentrent de façon alterne, car ils sont relégués – ou ainsi a été au cours de l’histoire.

Si on reprend les analyses de l’économie politique, si vous voulez utiliser une terminologie à la Marx – auquel je ne suis en particulier attaché, je ne suis pas un connaisseur – la lutte de classes est fondamentalement une lutte entre hommes blancs. D’autres conflits peuvent apparaitre entre hiérarchies de travailleurs ou de bourgeois, entre politiciens ou fonctionnaires.

Pour les femmes et les non-blancs, la lutte de classes est altérée – du point de vue d’homme blanc. Désolé d’expulser les femmes et les noirs de la lutte de classes ; à mon avis, ce n’est qu’une expulsion partiale, mais ils devraient expliquer comment la lutte de classes les affecte.

L’histoire (européenne) ne s’explique pas par la lutte de classes, ou ne s’explique que par la lutte de classes. L’analyse du capitalisme est une incomplet et biaisé du monde. Quand on regarde au monde, il est nécessaire de prendre en compte les rapports patriarcaux et coloniaux (et son aspect interne qu’est la « Nation », la construction de l’Empire).

Une démarche qui prend en compte le sens 1 d’intersectionnalité peut-être éclairante. Elle aurait l’objectif de mettre dans un cadre cognitif comparable les oppressions des hommes et celle des femmes : l’unité, la solidarité et la chasteté des femmes ne risquerait pas d’être saccagée par le pouvoir des hommes.

Je propose : l’intersectionalité dans un premier sens (sens 1) reconnait les femmes comme une catégorie/classe opprimée par le patriarcat (et étudiée par le féminisme) et les catégories d’hommes en termes « classe » (et de « race »).

Autrement, les hommes sont définis seulement comme des oppresseurs, dominants et explorateurs (et violents assassins et violeurs). Les hommes dans son ensemble n’ont pas aucun rôle autre dans la société que celui du groupe (classe) à dépouiller ; aucune amélioration sociale (dans aucune dimension) ne peut pas se faire à partir des demandes d’aucun groupe d’hommes – car tous sont considérés égaux, tous oppresseurs. Les hommes dans son ensemble n’ont pas aucun rôle dans la transformation sociale ambitionnée – qui est faux.

Si on propose aux hommes – tous égaux – de devenir « féministes », ils seront les hommes les plus puissants, des hommes blancs avec argent, ceux qui vont tout pourri pour être considérés les plus féministes. Puis, proposer et faire des politiques qui les font toujours gagnants.

Quand on observe la division sociale du travail et la répartition de la production, il est clair qu’il est possible de différencier des groupes ou des catégories de population en fonction de sa position : homme, femme, travailleur, bourgeois, blanc ou noir.

Il est aussi évident que les femmes occupent positions différentes – différentes caractéristiques de la production domestique et différentes positions dans les rapports capitalistes.

Puis, il est possible se demander d’utiliser la notion 2 d’intersectionnalité, c.-à-d., des catégories de « race » et « classe », même qu’elles occupent une même position en tant que « femmes » – soit cette position par « race » ou « classe » dépendant d’un homme (père, mari) ou pas. Les femmes occupent des positions différentes aux hommes et différentes entre elles ; je ne vois pourquoi ses définitions de « classe » ou « race » doivent être les mêmes que celles que les hommes utilisent.

Par contre, le concept de prolétariat (et d’armée de réserve), la prise en compte des mineurs d’âge ou (la production de) l’éducation, entre d’autres, peuvent ouvrir des pistes pour étudier une sorte de « classe » commune, qui opère sur les hommes et les femmes, mais de forme différente.

À ce fin, il faut rechercher sur l’articulation entre la production capitaliste, la production domestique et la production d’êtres humains ; entre les normes de transmission du patrimoine capitalistes et patriarcales ; entre l’échange marchand, le don et les transactions affectives et intimes.

Il faut adapter les analyses aux changements dans la division sociale du travail. Si les femmes s’incorporent à la production capitaliste, il faut l’analyser.

Il peut aussi arriver que les femmes qui font ces analyses et subissent ces oppressions de « classe » ou de « race » développent des affinités, empathies, analyses, discoures, groupes, etcétéra, avec les hommes qui ils les subissent aussi. Par contre, il y a des femmes que ne subissent pas ces oppressions ; plutôt au contraire, elles en profitent sans être les responsables (ou les principales responsables).

La femme « bourgeoise » ne voit pas l’oppression de « classe », parce qu’elle ne la subi pas. La femme « blanche » ne voit pas l’oppression de « race » ; puis, elle ne la combat pas : au contraire, elle aura tendance à la légitimer. De façon similaire peut arriver avec des travailleuses qualifiées, qui peuvent légitimer dynamiques de polarisation salariale (nuisible pour les moins qualifiées) en échange à meilleurs conditions de travail, salaires ou d’autres (promesses) ; comme bonne partie des hommes blancs travailleurs qualifiés sont en train de faire.

Alors, quelle est l’oppression des femmes, quelle domination masculine ? La de quelle femme ? La blanche, la noire, la bourgeoise ou la travailleuse ? La travailleuse qualifiée ou celle qui ne l’est pas ? La fille du riche ou du pauvre ? Quel discours dois-je croire ?

Il est bien probable que la conception du féminisme et de la stratégie de « libération » des femmes diverge en fonction de sa position dans la division sociale du travail.

Peut-être je pourrais lire Rosa Luxembourg.

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