Mort à la moyenne

Etant donné qu’il n’y a pas un programme politique de démantèlement de la famille patriarcale (on propose le mariage homosexuel et des féministes radicales en deviennent des apologétiques ; grandir pour voir) les questions de la garde des enfants devraient passer pour une augmentation progressive des droits des congés de paternité et pas pour l’imposition soudaine de la résidence alternée.

En premier lieu, pour évaluer le résultat de la mesure il faudrait se doter des statistiques précises pour quantifier le travail domestique et son partage inégal entre les membres des familles. Il serait intéressant de se doter d’un cadre assez complet pour comprendre comment le travail domestique s’effectue dans des ménages avec des caractéristiques différentes.

Il est intéressant de voir les différences entre les ménages d’un homme célibataire, d’une femme célibataire, d’une couple sans enfants (homo ou hétéro, les deuxièmes sont très majoritaires), d’une couple avec enfants et d’une personne seule, en général une femme, avec enfants (les modèles basiques de famille nucléaire).

Si mes souvenirs sont corrects, la charge de travail sur la femme augmente progressivement pour ces cas en termes absolus et par rapport au travail effectué par l’homme (la concrétisation de la production et du conflit de répartition intra-familier : l’exploitation domestique des femmes).

Les femmes en moyenne dédient plus de temps dans tous les cas, même quand elles sont célibataires. Pour quoi ? Je ne sais pas : on pourrait supposer que la production domestique permet de suppléer un revenu mineur en moyenne des femmes sur le marché de travail. Cet hypothèse pourrait ajouter un facteur additionnel pour expliquer une augmentation du conflit et de l’exploitation domestique pendant les périodes de crise, de chômage et de bas salaires.

Mais il faut aller au-delà de la moyenne. Le mieux qu’on connait la situation de départ, le mieux qu’on peut définir les politiques. Il faut voir où ‘s’acharne l’exclusion du marché de travail, les bas salaires, la temporalité, le temps partial subi ou les discriminations par maternité. Prendre les ensembles « femmes » et « hommes » peut amener à ne pas faire  politiques ajustées pour personne : combien de gens se situent sur la moyenne ?

Les niveaux d’éducation peuvent être des indicateurs éclairants sur les différents tipes de ménages et de couples : appliquent par égal à tous les genres et ils ont en général une corrélation directe avec le taux d’activité, le taux de chômage et le revenu. Si on veut aller plus loin, on peut regarder carrières académiques et les positions socio-professionnelles. Ce n’est pas une folie de penser que les couples se forment entre des personnes de niveaux d’éduction et/ou de revenu dans une marge restreinte.

Il faut aller au-delà de la moyenne : il faut se doter d’un cadre de la répartition sociale du travail et de la production (domestique et capitaliste).

Puis, évaluer progressivement comment évoluent les temps de travail dans l’économie domestique et voir si les augmentations des congés parentales contribuent à établir dynamiques plus justes de la production et de la répartition domestique-familière.

Les couples ont des caractéristiques différentes en fonction du niveau d’études de la femme : il y a des cas (je pense que nombreux, mais pas majoritaires) de couples où la femme travaille à temps complet et a un revenu majeur à la moyenne et à la mode de la population ; ces couples ont souvent des femmes ménagères salariées qui sont dans une situation assez différente à celle de la femme de la couple (ou seule), même que la sacro-sainte unité des femmes les maintient toutes ensemble (!).

En plus, je pense qu’il ne serait pas mal de reconnaitre les hommes qui habitent dans des ménages où le travail se distribue de façon plus équitable. Si on prend toujours la moyenne, on les efface par système : l’image globale privilège les hommes qui contribuent moins à la production domestique au détriment de ceux qui le font plus.

Au lieu de bagarré sur la résidence alternée, pourquoi on ne parle pas des congés de paternité ? Quel serait le cout pour le capitalisme ? Les hommes sont capables de le comprendre comme une lutte salariale ? Ce n’est pas l’option de la Terre Promise de la Suède ?

En deuxième, il faut aborder d’une façon très sérieuse la violence intra-familière (patriarcale), ce qu’inclut la violence sexuelle. C’est une violence qui s’exerce de ceux que les rapports sociaux établissent comme les puissants vers les faibles : des hommes sur les femmes et les enfants, des femmes sur les enfants et celles entre les enfants.

Il faut se décomplexer (!). Il faut inclure la violence que les femmes exercent. Que les gens ne s’exclament pas, les féministes peuvent être tranquilles : les hommes seront dans toutes les statistiques les principaux agresseurs, c’est sûr. La violence patriarcale et machiste ne serait pas effacée ; au contraire, on aura une vision plus complète qui permet mieux garantir les droits des enfants.

De façon additionnelle on pourrait voir dans quel mesure les femmes sont perdantes (ou grandes perdantes) et dans quels cas elles ne le sont pas (ou très peu) : peut-être, ceci peut aider aussi à comprendre quelles dynamiques et rapports faut éviter, prévenir et s’il faut dénoncer.

En troisième, il serait aussi intéressant d’avoir des statiques plus complètes sur les habitudes sexuelles de la population : masturbation, types et nombre de rapports, couples, viols, prostitution, etcétéra.

Il serait bien d’avoir une discussion et une vision politique de la sexualité qui aille plus loin que la sante trinité : le porno, le viol et la prostitution. Et le mariage !

Pour conclure : je veux dire que je n’ai marre de me faire engueuler et écrier par des femmes (très féministes) que n’utilisent que la moyenne pour parler de la situation relative des hommes et des femmes ; par des femmes qui gagnent plus d’argent, ont des meilleures perspectives de futur, plus de reconnaissance, meilleures conditions de travail, et qui subissent moins de discriminations et violences que moi : parce que la moyenne, parce que jamais dans l’histoire aucun homme. Et il y a déjà une vie de ça.

La leçon finale vient quand elle, qui n’a jamais subi aucune violence sexuelle physique vient te donner le grand sermon. C’est bon !  Mort à la moyenne !

 

Anuncis

One thought on “Mort à la moyenne

  1. Retroenllaç: Índice-resumen de textos sobre el sistema capitalista-patriarcal | Contes de l'exili

Deixa un comentari

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

Esteu comentant fent servir el compte WordPress.com. Log Out / Canvia )

Twitter picture

Esteu comentant fent servir el compte Twitter. Log Out / Canvia )

Facebook photo

Esteu comentant fent servir el compte Facebook. Log Out / Canvia )

Google+ photo

Esteu comentant fent servir el compte Google+. Log Out / Canvia )

Connecting to %s