Les voies du seigneur sont impénétrables

Alors, cette femme, Anne-Cécile Mailfert, l’une des porte-paroles d’Osez le féminisme !, elle s’est intéressé au féminisme dès très jeune âge et puis, des années après, à la prostitution s’intégrant à l’association Nid. Elle s’est impliquée et a connu des prostituées et les travailleurs de l’association. Elle dit qu’elle n’a jamais subi une agression sexuelle (heureusement), mais c’est évident qu’en tant que femme elle a subi l’oppression patriarcale, le machisme et des (moindres) violences machistes.

Moi aussi, Je me suis intéressé au féminisme dès très jeune âge. Mais j’ai subi une agression sexuelle et une proposition de prostitution à l’âge de 11 ans. Puis je l’ai oublié. Des années plus tard, je suis devenu client spontanée de la prostitution, pas assidu (au-delà de toute autre considération : je ai eu jamais l’argent). Elle a connu les prostitués à travers de l’association. Je les ai connues directement : j’ai parlé avec elles et oui, j’ai baisé avec elles (pas toujours). J’ai profité de mes privilèges d’home (blanc) hétérosexuel.

Alors, vous ne pouvez pas savoir qu’est-ce que j’ai ressenti vers les prostituées que j’ai connues. Je comprends qu’elles disent qu’elles ont senti le dégout et se sont senties comme des objets. Je le confirme.

Autre chose est que vous associez toute une personnalité préfixé au fait que j’ai été client. La personnalité d’un criminel (prédateur, quel mot !) qui ne voit en les femmes que des objets pour acheter, qui aime bien exercer la violence, qui n’a pas aucune conception du respect par l’autre. Vous pensez que je suis incapable de voir l’humanité de ces prostituées, même de ressentir ses maux (le même que je le fais ; le même que j’ai ?) ou de voir les marques invisibles de son corps.

Cette agression que j’ai subi a influé sur la façon dont je vois et vive ma sexualité et sur mes idées sur les genres et le patriarcat. Même que j’ai oublié l’agression, elle a modelé ma personnalité et m’approche au féminisme.

Maintenant, que j’ai récupéré ce souvenir et je m’informe d’une manière plus systématique, j’ai l’impression que ma vie a des ressemblances avec celle des filles qui furent agressées dans son enfance. Parfois, jusqu’au point de dire : si j’aurais été une femme ou pas hétérosexuel, probablement je n’aurais pas été un client, j’aurais été un prostitué.

Du fait que je suis un homme hétérosexuel, des mécanismes sociaux en place, des privilèges (entre d’autres), m’ont épargné d’être un prostitué. En plus, il y a très peu de demande (l’offre devrait se vendre mieux).

Mais ces mécanismes ne m’ont pas empêché de connaitre le monde de la prostitution, plutôt au contraire : dans notre société patriarcale capitaliste il y a plein de contenus qui incitent aux hommes de devenir clients ou proxénètes (et si on ajoute le component racial, de prostituées des pays colonisés).

Il est difficile d’expliquer ce que je ressentais quand j’ai été client ou ce que je ressens maintenant. Si je l’explique, vous n’allez pas le croire. Ou peut-être, moi-même je ne sais pas très bien. C’est comme si maintenant le mal a pris en fin un sens défini.

J’espère que vous pouvez imaginer que je ne suis pas très fière d’avoir pris la position de celui qui m’a agressé quand j’étais un enfant. Pas la même, mais pas très loin.

Quelle leçon peux-je tirer de tout ceci ?

Je ne sais pas, pour l’instant je ne peux que dire : les voies du seigneur sont impénétrables.

 

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