Le blanc et le noir

L’important sont les politiques pour les prostituées, pas pour les clients. Mettre des amendes aux clients aura peut-être des effets, mais ne soyez si naïf, svp. Faits vous trucs, mais sans faux espoirs. Arrêtez avec le putain de clients.

La para-histoire, on ne peut pas la faire, c’est une démarche anti-scientifique total : « S’il y avait eu une loi, en 1988, pour interdire l’achat de service sexuel, ces 22 années n’auraient pas existé pour moi ».

Peut-être elle a raison ; peut-être, à cause de cette loi, elle aurait le SIDA ou elle serait morte. On ne peut pas savoir! On peut discuter sur l’orientation des grands nombres, mais on ne peut pas savoir pour chaque cas en particulier.

Bien sûr, je chie sur les 343 imbéciles, je ne veux même pas parler d’eux. Ils sont minables, il serait bien d’avoir un bouton pour les faire disparaitre (press here). Ou encore, les mettre dans un mixeur automatique géant, les avoir là-dedans en train de s’écrier : « laissez-nous sortir ! Piété » ; mais no : presser la maxime puissance et réjouir de voir le jus se faire.

 

* Qu’est-ce que je peux dire sur le fait d’être client ?

D’abord, j’ai été une victime, puis je suis devenu client (je pourrais même aller jusqu’à au point de manipuler et de dire qu’une prostituée m’agressé avant de payer pour sexe des années plus tard – c’est une exagération, bien sûr : elle faisait de la collecte plutôt active et moi, qui était très jeune, je me suis excité et l’ai laissé faire).

Il faut savoir qu’entre les clients il y a des hommes qui ont été agressés et violés quand ils étaient enfants. Dans ce cas, on ne retient que le fait qu’ils sont hommes (et donc, on suppose qu’ils ont jamais été agressés) et selon la source qu’ils sont des clients: des prédateurs, criminels, violeurs.

Vous pourriez dire directement: ils sont des prédateurs parce qu’ils ont été agressés. L’homme-enfant victime n’existe pas: il devient directement un criminel. Merci !

Alors madame : quand j’avais 22 ans, je me ressemblais à toi, un peu. Mais tu ne voulais même pas me voire, me connaitre — tu jetais tous tes préjugés que tu as sur les hommes sur moi. Tu étais (et tu es encore) incapable de me voir, de me reconnaitre. Je suis invisible à tes yeux. On ne parle pas de baiser, bien sûr.

Qu’est-ce que tu attendais? Que je reste caste et pur dans ce monde de la prostitution généralisée? Que j’étais avec des filles seulement que pour notre amour romantique de merde? Que je suis un super-dragueur (un mythe, en effet / un mensonger et un manipulateur, la réalité), voir un prédateur que achète et manipule les filles (avec des méthodes plus subtiles que l’argent)? Que je ne baise pas?

Qu’est-ce que tu attends? Que je suis Jésus-Christ? Pour le jour que tu te désaliénés te montrer que j’ai resté pur? De toute façon tu aurais la haine de moi, car tu l’as pour tous les hommes.

No ma chère madame, je ne suis qu’en partie responsable.

 

* Qu’est-ce que je pourrais dire à une prostituée ?

En général j’ai été avec des femmes plus âgées que moi. Pour les jeunes, il est plus compliqué.

Peut-être quelque chose que cette prostituée a dit à un jeune homme, qui a été son client, qui avait 15 ans moins qu’elle, qui était désorienté, en partie en train de sidérer (oui? non?) l’a aidé.

Peut-être il ne l’a respecté et elle, déjà expérimentée, lui a bien fait comprendre. Il a fermé sa gueule et il a fait ce qu’elle lui a dit. Ils ont parlé un peu. Puis, le dégout, la sidération, la possession, la confusion entre mes principes, te regarder aux yeux, les fermer, essayer de rien penser et ne me concentrer qu’au plaisir et la sensation physique. Finir.

J’ai déjà sidéré avec toi. Maintenant, est-ce que tu as envie de vomir avec moi?

Peut-être tu t’es demandé: pourquoi ces jeunes hommes font ceci? Il n’est pas toujours donné, mais ils pourraient baiser ailleurs.

Oui, ce n’est pas donné, mais c’est pas très compliqué. Mais, c’est quoi baiser ailleurs?

Baiser avec des filles de mon âge que je connais la nuit? Oui, mais, entre d’autres inconvenants, souvent on trouve des filles qui ont été violées, qui ont aussi plein de traumas. On n’en parle jamais. Les traumas sont inscrits dans le corps et les comportements. C’est bien jouer au trauma contra trauma (avec une fille qui est plus antiféministe que toi); mais ceci peut générer aussi des confusions pour les deux, pour la fille et pour le mec.

Baiser en couple. Oui, mais encore le même : c’est possible qu’elle a été agressée ou violée, qu’elle n’a pas très de vision critique de la société patriarcale, qu’elle dit rien à personne, qu’elle ne me dit rien. Et le trauma reste là. Moi, je ne lui dis rien non plus de mes traumas, car je les ai oubliés. Peut-être elle les a oubliés aussi. Et on continue à jouer au trauma contra trauma.

Il y pas de formation sexuelle.

Baiser avec des filles plus âgées. Difficile d’abord ; puis, ce n’est la garantie de rien.

C’est vrai, il y a des autres options pour avoir une vie sexuelle active, mais elles ne sont pas toutes géniales. Voir, parfois peuvent être presque pires que la prostitution. On renforce à l’infini l’aliénation « légitime » du patriarcat. En tant qu’homme on en profite. Au moins, avec la prostitution on voit bien que c’est illégitime.

Madame, quand je suis allé te voir, je suis trouvé une personne qui avait la place que j’aurais pu avoir dans un autre monde (pas seulement par le genre, aussi par l’origine et l’orientation sexuelle).

J’avais le désir possessif vers la femme objet, mais j’avais aussi l’empathie. C’est difficile à expliquer. Je comprends que tu as la haine.

De toute façon, si tu t’es trouvé dans ce cas, ce que je peux dire d’abord est merci de tes paroles.

 

* En conclusion

Qu’est-ce que c’est ton reproche? Que je t’ai laissé tomber? Que j’ai baisé avec toi (pas avec toi, mais avec une autre)? Que j’avais oublié et moi non plus je ne savais maitriser mes propres traumas? Que je n’ai pas assez essayé de te respecter quand on a baisé?

Oui, je t’ai laissé tomber. J’ai toutes laissé tomber. Elles avaient toute la bibliographie féministe à ta disposition. Elles savaient qu’elles étaient des victimes. Mon no.

Qu’est-ce que j’ai fait. Je me suis intéressé au féminisme quand j’avais 12 ans: les suffragettes – en fin, les bonnes sont celles qui les ont quittées pour se radicaliser. Je pense que ceci a été la façon dont j’ai rationalisé mon trauma : en m’intéressant aux droits des femmes et, de quelque sorte, à mes propres droits. À ma propre oppression.

Puis, j’ai oublié. Les filles, les ados, sont la pire chose antiféministe qui existe.

À la rentrée des 20 ans la chose continue. Elles se considèrent des objets, elles se font traiter comme des objets et elles sont contentes ; elles se font agresser, se prostituent, se font violer; mais elles continuent comme si rien. Aliénées et stupides. Elles ont une profonde confusion entre l’arrogance de la jeunesse (et tous les mecs âgés prêts à les acheter) et le féminisme; entre ELLE et le féminisme.

J’ai laissé tomber le féminisme et j’ai laissé tomber les femmes; je les vois tomber, l’une après l’autre. Pendant des années.

Je ne peux pas lutter contre s’oppression et s’aliénation. C’est à elles de le faire. Je ne peux lutter seul contre le patriarcat, en voyant les filles de mon âge aliénées et en train de se souler. Mais moi, je dois rester comme un ange, sans compter l’oppression que je souffre aussi.

Alors, si les femmes sont prêtes aujourd’hui à lutter, moi, il y a 20 ans que je suis prêt à lutter.

Aujourd’hui je ne me considère même pas féministe. Je ne veux même pas essayer de l’être. Elles à sa lutte. En plus, j’ai un peu marre des personnes qui ne s’occupent qu’à elles-mêmes.

Aujourd’hui je prends parti contre ma propre oppression, contre le patriarcat.

 

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