La nuitée N

Je ne connais pas le contenu de sa plainte. Je ne connais pas les faits qu’elle a dénoncé. Je donne des éléments qui pourraient contribuer à écrire une nouvelle plainte. Dans le cas échéant, j’aimerai bien que soit elle-même qui l’écrit, ne pas une autre personne et non plus que le cas soit rouvert d’office à cause de ce que j’écris. Peut-être qu’il serait bien qu’une féministe intelligente l’aide à l’écrire.

Si elle a des « vides », elle doit faire attention, parce que je peux me souvenir de choses qui peuvent modifier le sens de son exposition.

Ma mémoire n’est pas parfaite. Voici quelques éléments que j’ai pu sortir (attention que je peux introduire des subjectivités) :

1) Organisation des faits dénoncés. J’essaie de faire une structuration des faits.

* Jours qu’on s’avait retrouvé avant du jour X ; connaissances préalables.

* Le rencontre et faits pendant la fête d’anniversaire. Consommation d’alcool et d’autres.

* Décision de partir ensemble.

* Le trajet.

* L’arrivée à la maison.

* J’ai sorti à la fenêtre à fumer [moment M1].

* Se mettre au lit, se mettre nus (elle avec la culotte) et massage.

* Dormir pendant [une demi-heure ?] et puis je l’ai réveillé.

* J’ai insisté pour avoir des rapports sexuels (coït ou autres), le donner quelque bisou, chercher son contacte. Elle n’a pas voulu.

* Puis, dans un temps indéfini moment M2, s’ouvre une période de temps difficile à quantifier d’après moi (et j’imagine que pour elle aussi) de quelques heures (3, 4 heures ?) dans lequel on a dormi, on s’a réveillé,  on a parlé, on n’a pas pu dormir et d’autres faits. Là, j’ai quelques lacunes et problèmes pour attribuer des responsabilités à elle ou à moi (je pense qu’elle aussi).

* Les faits A ; je les diviserai entre les faits A1, A2, A3 et A4 ; débout, arrêt et mouvements (je ne sais pas si elle s’en souvienne bien).

* Les faits B ; qu’on pourrait diviser entre B1, B2 et B3.

* Je m’habille et on discute. Motivation de ma partie. Prise de position par rapport à elle, par rapport à une possible relation.

* À un moment elle a dit : « tu as profité de moi » et quelque chose comme « tu as essayé de me baiser […] ».

* Je me suis fâché, je lui ai dit que no, quelque chose comme « ce n’est pas ça que c’est passé, par ailleurs […] ». Puis je l’ai dit des choses sur elle, sur son entourage et sur sa sexualité (je ne me souviens pas bien).

Ce veut dire quoi que j’ai profité d’elle ? Dans qu’elles circonstances elle l’a dit ? À ce moment-là je ne m’ai fait pas la question, parce que peut-être que oui, j’ai profité d’elle, selon ce qu’elle comprend. À ce moment-là je pense que j’ai repéré plutôt la dissonance entre les faits qu’elle me reprochait et m’expérience.

2) Éléments de mon côté qui peuvent contribuer à une relation de domination.

* Prendre l’initiative : c’est moi qui a pris l’initiative dans la plupart des cas, i.e. le donner un bisou.

* Effet remorque : je faisais quelque acte, en attendant qu’elle m’imite, i.e. : se mettre nu.

* Insister si elle hésite : dans quelques moments elle a hésité, i.e. le massage.

* Ne pas faire tout ce qu’elle me demandait.

* Chercher son contacte, lui imposer quelque contacte, i.e., un bisou, une caresse (en spécial au début de la nuit).

* Critiquer son entourage.

* La contredire, critiquer son point de vue, donner des contre-arguments.

* La ridiculiser, rigoler d’elle, enlever importance à ses plaintes (elle : « c’est ta faute !!! »).

3) Eléments par rapport à elle

* Nier la parole : elle a nié ma parole un nombre très élevé de fois. Si elle considérait ce que je disais étant faux, c’est quoi qu’elle avait en tête ?

* Montrer sa répugnance vers tous ou presque tous mes points de vue.

* Répéter à plusieurs reprises la même affirmation ou la même question, inclus dans où je ne comprenais pas ou j’avais déjà répondu.

* Comportements apparentement contradictoires […].

4) Éléments additionnels

* La périodisation et le sens : si elle veut écrire une nouvelle plainte, si elle utilise mes textes, elle doit penser à organiser une périodisation qui amène vers les faits dénoncés susceptibles de constituer un délit.

* L’attribution de responsabilités : pendant la nuit il y a eu une discussion sur qu’est-ce que c’était la responsabilité de chaque un et sur si quelque chose était volontaire ou non (i.e. une érection). Si elle écrit une nouvelle plainte, elle peut le prendre en compte.

* La frontière entre la liberté et le respect de l’autre : là il y eu conflit, sur quoi relève de ma liberté d’agir et jusqu’à quel point ma liberté devrait être restreinte pour ne pas la contredire ou la fâcher ; c’était chez-elle. Mes souvenirs : i.e. si je la touchais et elle me disait d’arrêter je la respectais (même que je l’ai essayé à plusieurs reprises, mais ne pas autant comme elle doit affirmer) ; par contre je l’ai ouvertement désobéi plusieurs fois : quand on est arrivée, après le  vélo, quand elle m’a demandé de ne pas fumer, je suis allé à la fenêtre. Elle me disait de ne bouger pour ne pas l’empêcher de dormir, je lui disais que je cherchais la position et puis je bougeais encore (oui, je sais…).

* La perception de qui est normal ou non : je pense que nous avons de points de vue différents sur la « normalité ».

* La différence entre le droit et le féminisme : Le droit argumente sur l’égalité des individus adultes ; le féminisme est en grande partie une critique et une lutte contre les rapports de domination des hommes sur les femmes. On peut inscrire des différences dans les lois ou dans la jurisprudence, mais où finisse cette considération ? Jusqu’à les femmes reprennent un statut de mineur d’âge dans les lois (exagération) ?

5) La peur

Je pense qu’elle avait peur. J’ai un peu de mal à déterminer l’origine de sa peur. Peut-être elle avait peur de moi ou/et il y a d’autres facteurs. Si elle avait peur de moi, je me demande si sa peur était fondée ou s’il existe une dissonance entre le motif de sa peur et les faits dénoncés. Si elle a eu peur toute la nuit, je ne sais pas comment ceci lui a pu influencer.

Selon mes souvenirs, il y a eu une chose que peut être lui a généré de la peur : l’expression du désir sexuel ; aussi, un affirmation sur quelques pratiques sexuelles un peu […].

Elle m’a demandé à plusieurs reprises si je voulais baiser (« mais tu veux baiser ») et je répondais « oui ». Ce n’est pas la peine de le demander plusieurs fois ; moi je suis de l’opinion : je veux baiser, tu ne veux pas, on va ne pas baiser, mais si  tu me demandes, je vais toujours dire « oui, je veux ».

J’avais aussi des peurs :

* La peur de ne pas la revoir (en fin, c’est surpassé).

* D’être son clown espagnol.

* D’être incompris.

* D’être refusé.

6) Contenu de la conversation

Si elle continue comme cette nuitée-là, elle ne va rien croire de ce que je dis, mais j’ai été très sincère, je m’ai ouvert comme je ne le fais pas souvent, je l’ai raconté plein de choses à moi. Du point de vue stratégique il parait que c’est très mal : on sait bien que la sincérité est le pire pour la drague. Peut-être elle avait peur de mon manque de peur à « l’autre ».

Nous avons beaucoup parlé, pendant ces 3 ou 4 heures (M2). Ma mémoire fait défaut pour me rappeler du contenu exacte des conversations, mais elles tournaient sur :

* Sincérité vs représentation : j’argumentais, que même qu’elle n’aimait pas tout ce que je lui disais, j’étais sincère, que les hommes en général représentent des rôles, disent ce que les fillettes aiment bien d’écouter (des histoires romantiques d’amour) qui ne sont pas vraies, qu’après les hommes ou les quittent ou changent, se sortent la masque…. Elle le nie, c’est pas vrai.

* Amour : De mon point de vue elle avait un vision très classique de l’amour, comme un objet qu’on retrouve, un sentiment qui te prend et t’amène vers l’éternel. Elle avait l’espoir de trouver l’homme qui allait la marier, vivre toujours ensemble, avoir des enfants… Pour moi l’amour d’un côté est une idée (conformée socialement) et de l’autre une parole qu’on utilise pour exprimer beaucoup de sentiments et sensations différentes. Je n’aime pas les idées dominantes (traditionnelles) sur l’amour et je n’utilise que rarement la formule « je t’aime ».

* Sexe : Pour elle le sexe était une chose rattaché en soi à l’amour, comme un acte qui dérive d’un sentiment rattaché à une idée qui le justifie (et le plaisir ?) ; pour moi le sexe est le reflet de notre animalité (comme manger) et aussi une communication, une conversation qui se tient avec le corps et les paroles : le sexe n’est pas rattaché en soi à ce qu’elle comprend pour amour ; de mon point de vue, c’est un vison aliénante.

* Le corps : Il m’a parait que d’après elle le corps est comme une machine, un objet, qui est sous control absolu de la tête. D’après moi, le corps a ses propres rythmes, prend ses propres décisions, la tête peut apprendre à le maitriser et a le conformer ; d’après moi, il ne faut que le réprimer, mais le conduire.

* La tête : J’ai l’impression qu’elle pensait qu’elle avait un ensemble de postulats monolithiques qui conforment « la vérité » et qu’elle pouvait toujours argumenter à partir de ceux-ci. Je pense qu’elle croyait maitriser complètement son corps. D’après moi, la tête c’est quelque chose très complexe qui ne se régit pas par un corpus théorique que tout contrôle ; on peut l’essayer de le faire, mais ce n’est pas tout toujours clair et on apprend toujours. La tête ne contrôle pas le corps complétement : les actes sont volontaires o non, mais les états du corps non et il n’est pas possible de les contrôler complétement ; si tu l’essayes trop ou tu nies ce que te dit ton corps, tu risques de te faire mal à la tête.

* Rapports sexuels : Pour elle les rapports sexuels c’est une chose qui se tient en couple (voir amour), d’après avoir bien connu un homme (dormir une nuit sans baiser est la norme ?). D’après moi, tout ce qui passe par la volonté et le consens de deux (ou plus) parties est bien (peut-être on pourrait trouver quelques qualificatifs ou exceptions et aussi prendre en compte le concept de contrainte).

* Relations de couple : Je pense qu’elle avait un vison traditionnel de la couple homme-femme. Moi … ça mérite un autre article (un autre dossier). La possibilité d’une relation ouverte (fidélité/infidélité) l’horrifiait ; pas à moi, dans certains cas (un autre dossier).

* Nombre de rapports : Elle m’a demandé, a exclamé, les yeux injectés de rage, en fixant sa haine sur moi : « mais avec combien de filles tu as baise ??!!!!!! ». Je n’ai pas répondu, ce n’est pas une question à demander comme ceci. Je ne connais pas son histoire, elle ne m’a pas raconté, je ne lui ai pas demandé.

* Genres : Je pense qu’elle avait un vison assez traditionnel de la binarité et définition des genres homme et femme.

7) Grande question 

Pour quoi on a été 5 o 6 o 7 heures ensemble en train de se faire chier l’un à l’autre ?

8) Ajouter des autres femmes à la plainte

C’est une chose que tu (vous) peux essayer : chercher des autres femmes que pourraient vouloir porter plainte contre moi. Je ne pense pas, mais tu peux essayer.

Bien sûr, si tu cherches, tu seras capable de trouver quelque chose ne pas très bien, mais en fin, de mon point de vue vous n’allez pas trouver des grandes violences. Vous allez trouver des discussions de couple, lui crier à une fille de partir « tu l’as dit 10 fois : oui/non. C’est non, tu t’en vas maintenant, je n’ai assez », quelque moments de quelque relation un peu insanes, dépendances qui se génèrent… et d’autres choses que j’ai déjà raconté. Je vais écrire.

J’ai fait mal à quelque de mes couples pendant la relation ou quand je les ai quitté. Peut-être je les ai faites mal, mais aussi je leur ai toujours données des armes pour lutter et se défendre.

9) Conclusions

Si tu le racontes et tu portes plainte contre moi, raconte tout, ne pas seulement une partie. Je ne sais pas si la plante c’est pour l’amour ou pour l’acte. Si tu portes plainte, faites le bien.

Il serait quand même curieux d’avoir une plainte pour avoir donné un cours des questions de genres et féministes !!!!!

Once upon a time you dressed so fine
You threw the bums a dime in your prime, didn’t you?
People’d call, say, “Beware doll, you’re bound to fall”
You thought they were all kiddin’ you
You used to laugh about
Everybody that was hangin’ out
Now you don’t talk so loud
Now you don’t seem so proud
About having to be scrounging for your next meal.

How does it feel
How does it feel
To be without a home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?

You’ve gone to the finest school all right, Miss Lonely
But you know you only used to get juiced in it
And nobody has ever taught you how to live on the street
And now you find out you’re gonna have to get used to it
You said you’d never compromise
With the mystery tramp, but know you realize
He’s not selling any alibis
As you stare into the vacuum of his eyes
And say do you want to make a deal?

How does it feel
How does it feel
To be on your own
With no direction home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?

You never turned around to see the frowns on the jugglers and the clowns
When they all come down and did tricks for you
You never understood that it ain’t no good
You shouldn’t let other people get your kicks for you
You used to ride on the chrome horse with your diplomat
Who carried on his shoulder a Siamese cat
Ain’t it hard when you discover that
He really wasn’t where it’s at
After he took from you everything he could steal.

How does it feel
How does it feel
To be on your own
With no direction home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?

Princess on the steeple and all the pretty people
They’re drinkin’, thinkin’ that they got it made
Exchanging all kinds of precious gifts and things
But you’d better lift your diamond ring, you’d better pawn it babe
You used to be so amused
At Napoleon in rags and the language that he used
Go to him now, he calls you, you can’t refuse
When you ain’t got nothing, you got nothing to lose
You’re invisible now, you got no secrets to conceal.

How does it feel
How does it feel
To be on your own
With no direction home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?

Anuncis

One thought on “La nuitée N

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